La dystonie cervicale (torticolis spasmodique)

La dystonie cervicale, aussi appelée torticolis spasmodique, est une dystonie focale dont la caractéristique est la contraction involontaire des muscles du cou, causant des mouvements anormaux et des postures étranges de la tête et du cou. Les mouvements peuvent être soutenus (« toniques »), saccadés (« cloniques ») ou être une combinaison des deux types de mouvements. Les spasmes musculaires ou les nerfs coincés peuvent causer une grande douleur et beaucoup d’inconfort. La dystonie cervicale peut être une dystonie primaire ou secondaire.

Parmi les expressions ou mots utilisés pour décrire la dystonie cervicale, mentionnons les suivants : le torticolis spasmodique, le torticolis, la dystonie focale apparaissant à l’âge adulte. Des mots précis peuvent être utilisés pour décrire la position du cou : le latérocolis (attitude de la tête en inclinaison); le rétrocolis (attitude de la tête en extension), l’antérocolis (attitude de la tête en flexion).

Les symptômes

Dans le cas de la dystonie cervicale, les muscles du cou se contractent involontairement. Si les contractions sont soutenues, elles peuvent causer des postures anormales de la tête et du cou. Si les spasmes sont périodiques ou structurés, ils peuvent produire des mouvements saccadés de la tête. La gravité de la dystonie cervicale varie de faible à grave. Les mouvements sont souvent en partie soulagés en leur jouant un « tour sensoriel » (aussi appelé « geste antagoniste »), comme toucher doucement le menton, d’autres régions du visage ou l’arrière de la tête.

La dystonie cervicale peut au départ se manifester dans le cou et s’étendre aux épaules. Toutefois, les symptômes atteignent habituellement un plateau et demeurent stables dans les cinq ans de leur apparition. Il est peu probable que cette forme de dystonie focale se manifeste au-delà du cou et des épaules ou qu’elle devienne une dystonie généralisée. Il arrive à l’occasion que d’autres dystonies focales se manifestent chez des personnes atteintes de dystonie cervicale.

La cause

La dystonie cervicale peut être une dystonie primaire, c’est-à-dire qu’elle est le seul trouble neurologique apparent, avec ou sans antécédents familiaux. Elle peut également être provoquée par des causes secondaires comme un traumatisme physique. Il peut y avoir des cas de dystonie cervicale héréditaire de concert avec une dystonie généralisée à apparition précoce, qui est associée au gène DYT1.

Diagnostic

Le diagnostic de dystonie cervicale est fondé sur les renseignements que fournit la personne atteinte et un examen physique et neurologique. Il n’existe pas encore de test pour confirmer un diagnostic de dystonie cervicale et dans la plupart des cas, les divers tests de laboratoire sont normaux.

Il ne faut pas confondre la dystonie cervicale et d’autres troubles médicaux qui causent une torsion du cou, comme les problèmes orthopédiques ou congénitaux locaux du cou ou des troubles ophtalmologiques suivant lesquels la tête s’incline pour compenser une déficience de la vue. La dystonie cervicale fait parfois l’objet de mauvais diagnostics, comme le torticolis ou l’arthrite.

Traitement

Les injections régulières de toxine botulique dans les muscles touchés constituent l’un des traitements les plus efficaces de la dystonie cervicale. Plusieurs médicaments oraux ont aussi démontré certains effets avantageux. Parmi les catégories de médicaments que l’on dit aider au soulagement des symptômes associés à la dystonie cervicale, mentionnons les médicaments anticholinergiques comme Artane® (trihexyphénidyle) et Cogentin® (benzatropine); les médicaments comme Sinemet® ou Madopar® (lévodopa), Parlodel® (bromocriptine) et Symmetrel® (amantadine); les médicaments d’inhibition par la GABA comme Valium® (diazépam).

La dénervation sélective est une intervention chirurgicale qui constitue une option pour certaines personnes atteintes de dystonie cervicale. De même, la stimulation cérébrale profonde, une autre intervention chirurgicale, commence à être explorée pour les cas de dystonie cervicale.

La physiothérapie douce pratiquée avec un physiothérapeute qui se spécialise dans les troubles neurologiques peut améliorer l’amplitude des mouvements et aider à réduire la douleur.

Les personnes atteintes de dystonie cervicale devraient explorer les traitements complémentaires et la pratique régulière des techniques de détente qui peuvent se révéler très bénéfiques en cas d’inconfort et de douleur.

Pour consulter l’article de recherche concernant l’incidence ou la prévalence de la dystonie cervicale, veuillez cliquer ici [en anglais seulement]. 

Pour de plus amples renseignements sur les interventions chirurgicales pour la dystonie cervicale, veuillez cliquer ici

Pour remplir le questionnaire concernant la recherche sur les personnes atteintes de dystonie cervicale, veuillez cliquer ici