L’introduction de la toxine botulique comme outil thérapeutique à la fin des années 1980 a révolutionné le traitement de la dystonie. En effet, elle offrait une nouvelle méthode localisée de soulager les symptômes de manière significative pour bon nombre de personnes. La toxine botulique, un produit biologique, est injectée dans des muscles précis où elle agit pour détendre les muscles et réduire les contractions musculaires excessives.
La toxine botulique est tirée du bacille Clostridium botulinum. Elle bloque les nerfs en s’attachant à ceux qui mènent aux muscles et empêche la libération d’acétylcholine, un neurotransmetteur qui active les contractions musculaires. Si le message est bloqué, les spasmes musculaires sont diminués de façon significative.
- Formes de toxine botulique
Au Canada, les personnes atteintes de dystonie ont accès à trois formes de toxine botulique. Il s’agit d’une toxine botulique de type A dont les noms commerciaux sont Botox®, Xeomin et Dysport.
Aux États-Unis, deux formes de toxine botulique sont offertes aux personnes atteintes. Il s’agit de la toxine botulique de type A (dont les noms commerciaux sont Botox®, Xeomin® et Dysport®) et la toxine botulique de type B (dont les noms commerciaux sont Myobloc® et Neurobloc®).
D’autres « sérotypes » de toxine botulique font l’objet d’études comme agents thérapeutiques potentiels. Parmi ceux-ci, mentionnons, outre les types A et B, les types C, D, E, F et G, dont les types et actions varient pour chacun de ces types. Il n’y en a pas deux qui sont tout à fait les mêmes. Pour le moment, le type F est la seule autre forme qui semble prometteuse comme traitement viable pour les humains.
Bien que dans l’ensemble l’effet soit semblable, le mécanisme précis selon lequel chaque sérotype réalise cet effet est différent. À titre d’exemple, le type A et le type B bloquent tous deux le neurotransmetteur acétylcholine, mais ils le font en rompant des protéines différentes au sein de la cellule nerveuse.
Aucune étude n’a été réalisée pour examiner les effets de la toxine botulique pendant la grossesse. Il est en règle générale recommandé que les femmes enceintes ne reçoivent pas d’injections de toxine botulique.
- Méthodes
Seul un médecin formé pour administrer ce traitement devrait injecter la toxine botulique. Le médecin doit connaître les caractéristiques cliniques et étudier les mouvements involontaires de la personne qu’il soigne. Le médecin qui fait les injections peut palper (c’est-à-dire toucher) les muscles avec soin pour tenter de déterminer les muscles qui se contractent trop et ceux qui compensent. Dans certains cas, comme dans celui du traitement de la dystonie laryngée, il peut être nécessaire d’avoir recours à une équipe composée d’autres spécialistes.
Pour certaines parties du corps, en particulier lorsqu'il s'agit d'injecter des muscles difficiles ou impossibles à palper, il peut être nécessaire de recourir à un guidage par électromyographie (EMG). Par exemple, pour les injections dans les muscles profonds de la mâchoire, du cou ou des cordes vocales, le guidage par électromyographie peut améliorer la précision, puisque ces muscles ne peuvent pas être facilement palpés. L'électromyographie mesure et enregistre l'activité musculaire et aide le médecin à identifier les muscles qui sont hyperactifs.
Les injections dans le muscle hyperactif sont effectuées à l'aide d'une fine aiguille. De une à trois injections peuvent être administrées dans chaque muscle. L'inconfort au point d'injection est habituellement temporaire, et un anesthésique local est parfois utilisé pour réduire l'inconfort associé à l'injection.
Les effets de la toxine botulinique commencent généralement à se faire sentir après quelques jours. Les bienfaits atteignent leur maximum environ quatre semaines après le traitement et durent habituellement de trois à quatre mois. Les effets secondaires temporaires des toxines botuliniques de type A et de type B peuvent comprendre une faiblesse musculaire, des symptômes semblables à ceux de la grippe, une douleur au point d'injection et une sécheresse de la bouche. Les personnes atteintes de dystonie devraient consulter leur médecin au sujet des autres effets secondaires qui peuvent être propres à la région du corps où l'injection est administrée. Par exemple, une difficulté temporaire à avaler peut survenir après une injection pour une dystonie laryngée ou cervicale, mais cela est très peu probable chez une personne qui reçoit un traitement pour la crampe de l'écrivain. Si des effets secondaires surviennent, un ajustement de la dose ou du site d'injection lors des traitements suivants peut souvent permettre de les éviter. Certaines données suggèrent également que les effets secondaires pourraient être plus fréquents chez les personnes traitées avec la toxine botulinique de type B.
Veuillez prendre note qu’une importante différence entre Botox® et Myobloc® est le nombre d’unités nécessaires pour un traitement et la quantité de toxine que contient une « unité » de chaque produit. Les unités utilisées pour mesurer une dose ne sont pas uniformes pour les toxines fabriquées commercialement.
- Immunité
Puisque la toxine botulinique est un produit biologique, le corps peut produire des anticorps et ainsi développer une immunité contre les effets de la toxine. Plusieurs mesures sont mises en place afin de réduire ce risque :
- Les procédés de fabrication des toxines botuliniques ont été améliorés afin de diminuer le risque de production d'anticorps.
- Les médecins utilisent la plus faible dose nécessaire pour obtenir un résultat thérapeutique satisfaisant.
- En règle générale, les injections ne sont pas répétées à des intervalles inférieurs à trois ou quatre mois.
- Les médecins utilisent habituellement un seul sérotype à la fois plutôt que d'alterner ou de combiner les toxines botuliniques de type A et de type B.
Il est important de faire la distinction entre les personnes qui ont développé une immunité à la toxine et celles qui n'ont tout simplement pas obtenu un résultat optimal. Une personne qui est devenue immunisée contre la toxine botulinique ne réagit plus du tout au traitement. Cela est très différent d'une personne qui obtient un certain effet des injections, mais dont les résultats ne sont pas ceux souhaités ou attendus. Si une personne constate un certain bénéfice, il est généralement possible d'ajuster la façon dont la toxine botulinique est administrée afin d'obtenir de meilleurs résultats.
Si vous recevez des injections de toxine botulinique et que vous constatez une certaine amélioration, mais pas les résultats attendus, ou si vous éprouvez des effets secondaires inacceptables, parlez-en à votre médecin en lui décrivant précisément les symptômes que vous ressentez. Le traitement par toxine botulinique peut nécessiter une période d'ajustement afin de déterminer la dose appropriée, les sites d'injection les plus efficaces et les symptômes à cibler. Il s'agit toutefois d'un traitement qui peut être facilement adapté et qui peut ainsi offrir des résultats très bénéfiques.
Pour vérifier si une personne a développé une immunité à la toxine botulinique, le médecin peut injecter une très faible dose de toxine dans un muscle du front et en observer l'effet.
Dans certains cas, les bénéfices d’une personne qui a été traitée avec succès avec la toxine botulique peuvent commencer à diminuer. Ce changement peut être causé par plusieurs facteurs. La nature et la façon dont les muscles se contractent peuvent changer au fil du temps, nécessitant ici un rajustement du site d’injection et de la dose. Si l’injection doit être faite dans des muscles profonds, il peut être difficile d’y avoir accès. Si vous constatez un changement dans la manière dont vos symptômes réagissent à la toxine botulique, n’hésitez pas à en discuter avec votre médecin.
Pour de plus amples renseignements sur les injections de toxine botulique, veuillez cliquer ici.
Autres ressources :
Printemps 2026 Bulletin d’information : Que peut-on attendre des injections de neurotoxine botulique?