La dystonie dopa-sensible

La dystonie dopa-sensible est une expression générale utilisée pour décrire les formes de dystonie qui répondent à un médicament appelé la lévodopa, une forme synthétique d’un produit chimique du cerveau appelé la dopamine. Ces formes de dystonie se caractérisent par une difficulté progressive à marcher. Les symptômes peuvent ressembler à ceux de la dystonie généralisée à apparition précoce.

Les expressions utilisées pour décrire la dystonie dopa-sensible sont la dystonie de Segawa, la maladie de Segawa, la dystonie DYT5.

Les symptômes

La dystonie dopa-sensible se manifeste généralement comme un trouble dystonique de la démarche qui apparaît tôt dans l’enfance. Les symptômes de la dystonie dopa-sensible peuvent ressembler à ceux de la dystonie généralisée à apparition précoce et se manifester tout d’abord dans les jambes. Les symptômes peuvent sembler mineurs (comme des crampes musculaires après l’exercice) ou apparaître plus tard sous une forme qui ressemble plus étroitement à la maladie de Parkinson. Les caractéristiques du syndrome parkinsonien qui peuvent survenir sont la lenteur des mouvements, l’instabilité ou le manque d’équilibre et, plus rarement, le tremblement des mains au repos.

Les symptômes de la dystonie dopa-sensible s’aggravent souvent vers la fin de la journée. Ce phénomène est appelé fluctuation diurne et peut augmenter avec l’effort.

La cause

Parfois appelée dystonie DYT5, il s’agit de la forme de dystonie dopa-sensible la plus communément identifiée. La dystonie DYT5 est une dystonie héréditaire par transmission dominante causée par des mutations du gène GTP-cyclohydrolase 1 (GTP-CH1). (Un trouble héréditaire par transmission dominante signifie que seul un parent doit avoir la mutation génétique pour que l’enfant hérite du trouble.) Ce gène joue un rôle dans la production de dopamine. Lorsque ce gène est dégradé et ne peut remplir pleinement la tâche de produire de la dopamine, les niveaux de dopamine dans le corps sont compromis et la personne commence à avoir des problèmes de mouvements.

Environ 40 % des personnes atteintes de dystonie dopa-sensible ne sont pas porteuses de la mutation du gène GTP-CH1 associée à la dystonie DYT5. D’autres affections métaboliques héréditaires peuvent causer la dystonie dopa-sensible (notamment une mutation du gène tyrosine hydroxylase (hTH) transmise selon le mode récessif, les déficiences du GTP-CH1 et de la décarboxylase des acides aminés aromatiques transmises sur le mode récessif et d’autres anomalies du métabolisme de la tétrahydrobioptérine). Ces affections génétiques transmises selon le mode récessif touchent souvent les facultés cognitives, ce qui n’est pas associé à la dystonie dopa-sensible transmise selon le mode dominant. Cependant, si les symptômes d’une dystonie dopa-sensible transmise sur le mode de dominant touche l’élocution d’une personne, on peut supposer un problème cognitif même si, en réalité, la fonction cognitive de la personne est normale.

Diagnostic

Il n’existe pas de test unique pour établir de façon définitive le diagnostic de dystonie dopa-sensible. Le diagnostic se fonde sur une série d’observations cliniques et des évaluations biochimiques précises. Il peut ne pas être possible de définir la cause exacte.

Un essai thérapeutique avec la lévodopa demeure l’approche initiale la plus pratique pour établir un diagnostic. Même des effets indésirables peuvent aider à fournir des détails à propos de la cause et justifier des tests supplémentaires. Toutes les personnes atteintes de dystonie dopa-sensible réagissent immédiatement à la lévodopa. De plus, toutes les personnes porteuses de la mutation génétique manifesteront les symptômes. Des antécédents familiaux détaillés constituent un élément important du diagnostic.

L’obtention d’un échantillon de fluide cérébrospinal (au moyen d’une ponction lombaire) est une importante composante de l’établissement du diagnostic de dystonie dopa-sensible. Cette façon de faire peut être le moyen le plus direct d’obtenir un diagnostic préliminaire et de faire la distinction d’avec d’autres affections métaboliques possibles. Il se peut que le test cérébrospinal ne fournisse pas de diagnostic définitif. Il est alors essentiel que la personne cesse de prendre la lévodopa au moins une semaine avant la ponction pour obtenir le fluide cérébrospinal.

Il est possible de dépister des anomalies métaboliques précises au moyen d’un test de charge de phénylalanine orale, mais le test n’est pas sensible à 100 % et sa portée est limitée. Les résultats peuvent donner des faux négatifs, permettant de dépister uniquement 80 % des cas de dystonie dopa-sensible. De même, il existe des tests pour des affections métaboliques très précises qui ne visent pas la gamme complète des anomalies possibles.

Il y a lieu de distinguer la dystonie dopa-sensible d’autres troubles qui comportent des symptômes semblables, notamment la paralysie cérébrale, la dystonie généralisée à apparition précoce, la paraplégie spastique et les troubles qui causent le syndrome parkinsonien à apparition précoce.

Les personnes atteintes et les membres de leur famille devraient comprendre que diagnostiquer la dystonie dopa-sensible peut constituer un défi, mais qu’il existe des moyens pour en différencier les divers types.

Traitement

Les symptômes de la dystonie dopa-sensible peuvent habituellement être traités de façon efficace avec un médicament appelé lévodopa et le plus souvent par l’administration simultanée de lévodopa et de carbidopa. Dans plusieurs cas, la fonctionnalité physique complète, notamment la marche, la course, l’élocution et l’écriture, est restaurée ou préservée.