La dystonie de fonction (psychogène)

La dystonie de fonction est parfois appelée dystonie psychogène, qui désigne lobservation selon laquelle plusieurs cas comportent des facteurs psychologiques ou psychiatriques qui contribuent aux symptômes physiques. Le traitement des troubles émotionnels et mentaux sous-jacents peut réduire les symptômes liés aux mouvements, bien que les chercheurs ne comprennent pas encore très bien la raison pour laquelle il en est ainsi. Le cerveau humain est un système incroyablement complexe et interconnecté. Des régions du cerveau associées au mouvement participent également à la cognition, aux émotions, à la mémoire et à dautres fonctions mentales. Les chercheurs étudient de façon active la dystonie de fonction et les troubles fonctionnels du mouvement pour mieux en comprendre la neurologie sous-jacente et améliorer les traitements.

Quest-ce que la dystonie de fonction?

La dystonie est un trouble neurologique qui cause des contractions musculaires involontaires intenses. En raison de ces spasmes musculaires, il est difficile pour les personnes atteintes de faire bouger leur corps librement et de contrôler leurs mouvements corporels. Il existe plusieurs formes de dystonies et de nombreuses causes. Dans le cas de la dystonie de fonction, il y a un mouvement ou une posture du corps non intentionnel et anormal en raison du mauvais fonctionnement du système nerveux. La dystonie de fonction peut causer des symptômes liés aux mouvements dans le visage, le cou, les épaules, le torse ou les membres. On retrouve souvent la dystonie de fonction chez des personnes souffrant de troubles psychiatriques ou exposées à des facteurs de stress psychologiques, ou les deux. Le début des symptômes est souvent précédé dune blessure, dune maladie ou dun événement stressant sur le plan émotionnel.

Troubles fonctionnels du mouvement?

La dystonie de fonction appartient à une catégorie de troubles appelés troubles fonctionnels du mouvement. Plusieurs personnes souffrant de troubles fonctionnels du mouvement manifestent un mélange de symptômes moteurs, dont la dystonie, les tremblements, la myoclonie, des troubles de la démarche et des tics. Elles ressentent également de la douleur, de la faiblesse, des symptômes sensoriels, des convulsions non épileptiques et dautres symptômes neurologiques fonctionnels. Les troubles fonctionnels du mouvement sont répandus, représentant jusquà 25 % des personnes traitées dans les cliniques des troubles du mouvement. Les troubles fonctionnels du mouvement touchent les hommes, les femmes, de même que les enfants.

Les symptômes

• L’apparition soudaine des symptômes.
• L’apparition des symptômes précédée d’une blessure mineure.
• La diversité et l’imprévisibilité des symptômes au fil du temps.
• Les symptômes sont incompatibles avec les caractéristiques distinctives d’autres troubles neurologiques.
• La distraction diminue les symptômes.
• La rémission et la récidive spontanées.
• Les mouvements anormaux et la douleur sont incompatibles avec l’importance de la blessure.
• Les symptômes psychiatriques.
• L’exposition à des facteurs de stress psychologiques.
• Plusieurs autres symptômes médicaux.

La cause

Plusieurs chercheurs estiment que les troubles fonctionnels du mouvement surviennent en raison d’une vulnérabilité sous-jacente conjuguée à un élément déclencheur externe, quoique le mécanisme ne soit pas encore bien compris. La recherche indique que le processus du cerveau qui aide une personne à sentir si un mouvement est volontaire ou involontaire devient perturbé, entraînant des mouvements ou des postures non volontaires. Ces troubles sont causés par des changements dans la manière dont le cerveau fonctionne et non par des lésions aux structures du système nerveux.

Diagnostic

Il peut être difficile d’établir le diagnostic de la dystonie de fonction. Ce diagnostic devrait être réservé aux neurologues spécialisés dans les troubles du mouvement et aux psychiatres qui connaissent les diverses maladies neurologiques. Le diagnostic de la dystonie de fonction repose sur l’observation positive des signes cliniques lors de l’examen neurologique, non seulement sur l’exclusion d’autres troubles ou la présence de facteurs psychologiques ou psychiatriques. Bien que les facteurs psychologiques et psychiatriques contribuent souvent à la dystonie de fonction, ces signes ne sont pas toujours présents.

Traitement

Plusieurs personnes atteintes de dystonie de fonction requièrent des soins de santé complexes. Ainsi, une équipe médicale d’experts peut être appropriée. L’équipe devrait inclure un neurologue spécialiste des troubles du mouvement, un psychiatre, un psychothérapeute, un physiothérapeute et d’autres fournisseurs de soins de santé.

Le traitement pour les troubles fonctionnels du mouvement doit être tout à fait adapté aux besoins de la personne atteinte. Le traitement a pour but de diminuer les symptômes et d’améliorer la fonction en aidant le cerveau à contourner le mécanisme qui cause les mouvements ou les postures non volontaires. Le traitement peut nécessiter la physiothérapie ou l’ergothérapie, ou les deux, la thérapie cognitivocomportementale et des médicaments oraux, le cas échéant, comme des antidépresseurs.

Vivre avec la dystonie de fonction

Il est possible d’avoir une bonne qualité de vie avec un trouble fonctionnel du mouvement. Dans certains cas, le traitement peut réduire de façon radicale ou éliminer les symptômes. Les personnes atteintes de dystonie de fonction sont fortement encouragées à faire ce qui suit :

• Obtenir une évaluation auprès d’un neurologue spécialisé dans les troubles du mouvement.
• Consulter des professionnels spécialistes de la santé mentale pour diagnostiquer et traiter les troubles émotionnels et mentaux sous-jacents.
• Se renseigner sur les troubles fonctionnels du mouvement et les options de traitement.
• Mettre au point un système de soutien composé de groupes de soutien, de ressources en ligne, d’amis et de membres de la famille.
• Explorer les thérapies complémentaires pour améliorer le bien-être général.
• Devenir un membre actif de la communauté de défense des personnes atteintes.